Zooms

La gourmandise

La gourmandise, nouveau Points sous les i

La gourmandise c’est le dernier dossier Initiales paru pour boire, manger et lire !


 
Sans raisons et sans rimes

Plus d’infos

"Sans raisons et sans rimes" est le vingt-septième dossier thématique réalisé par les libraires Initiales. Coordonné par Alain Girard-Daudon (Vent d’ouest - Nantes), il est consacré à la poésie contemporaine.


 
" Fiction et mémoire, la guerre civile espagnole", le dossier thématique n°26 d’Initiales est en librairie.

Plus d’infos

Mais pourquoi encore un fichu dossier sur la guerre d’Espagne, si j’ose paraphraser le titre de l’excellent roman d’Isaac Rosa ? Difficile d’expliquer pourquoi tout à coup des libraires de l’association s’emparèrent de ce thème. Maquis d’Alfons Cervera venait d’être publié ; À sa lecture, c’était la découverte d’une page d’histoire longtemps passée sous silence et surtout la voix d’un écrivain méconnu en France.


 
"Écrire le travail", dossier Initiales n°25 est en librairie !

Plus d’infos

Pourquoi diable avoir choisi le travail comme thématique ?

Tout simplement parce que la littérature est une véritable caisse de résonance de la société et de nos vies. Et qui oserait dire que notre rapport au travail ne pose pas de problème depuis quelques décennies – qu’on en ait trop, pas ou plus ?

Alors ce dossier pour montrer à quel point la fiction peut nous aider à comprendre comment la notion de travail et la figure du travailleur ont pu évoluer de pair et avoir un impact de plus en plus important dans nos vies personnelles. Et comme nous croyons en la force de la littérature, puisse ce dossier nous donner la force de nous affranchir des maux et des mots du travail pour retrouver le plaisir de vivre et de penser chacun à son rythme.

Sébastien Le Benoist
Librairie Quai des Brumes (Strasbourg)

Le dossier est disponible chez votre libraire Initiales et téléchargeable ici.


 
1981 - 2011 : 30 ans de Prix unique du livre


 


 
"Le rire en plus" Extrait : Tom Robbins, le sens du fun par Philippe Beyvin

Site de la collection Americana

Après quarante années de publications, Tom Robbins est encore associé aux années 1960. Mais on aurait tort de se limiter à cette étiquette. D’abord, parce que comme toute étiquette, elle est fausse. Ensuite, parce qu’il est avant tout l’écrivain de la joie, qui a peut-être pris sa source dans ces années-là, mais qui a construit une œuvre qui dépasse largement les frontières temporelles.

C’est sans doute aussi parce qu’on sait beaucoup de choses de lui sur sa traversée des sixties et peu depuis. Dans une récente interview, au journaliste qui lui demandait ce qu’il faisait quand il n’écrivait pas, il a répondu : « Je suis bien content que vous me posiez la question, parce que j’ai effectivement un nouveau hobby. Je me suis lancé dans l’art du pliage de la charcuterie. C’est vrai. Je prends des tranches de jambon, de mortadelle, de salami allemand et de mortadelle aux olives, et en les pliant, je fais des petits animaux. Les petits animaux de la forêt. Ce matin, j’ai façonné tous les personnages de Bambi avec des tranches de fromage de tête. Malheureusement, je les ai mangés au déjeuner. Cela m’a donné l’impression d’être un feu de forêt. »

Pas étonnant pour celui qui dit qu’il n’est pas un animal, mais un zoo. En tout cas, tout le style de Robbins est dans cette réponse. C’est foisonnant, imagé, décalé, ça part un peu dans tous les sens et c’est drôle.

Car Tom Robbins écrit des romans follement enjoués qui expriment sa profonde croyance qu’« être enjoué est une forme de sagesse et non de frivolité ». La grande force de ses romans, c’est d’aborder des thèmes sérieux – l’amour, la mort, la religion, la politique, les marchés financiers, le consumérisme, l’écologie, l’art – avec un faux détachement qui se transforme le plus souvent en leçon de vie jouissive. Le ton de ses livres n’est pas une critique acerbe des aspects les plus sombres de la vie, mais une défense de sa devise, « la joie malgré tout ». Nous sommes sur Terre pour profiter de la vie et non pour la subir. Nous avons souvent tendance à l’oublier et Tom Robbins n’a de cesse de nous le rappeler.

Plonger dans un roman de Tom Robbins, c’est être confronté à des personnages inexorablement décomplexés et débarrassés de tout ce qui fait le carcan social – ou sur le point de l’être. Il en va ainsi de la belle Amanda d’Une bien étrange attraction, une fausse gitane aux vrais dons extralucides comme de son mari, John Paul Ziller, peintre, musicien, magicien à ses heures. Des personnages hauts en couleur qu’on aimerait bien rencontrer, comme Larry Diamond, le trader repenti de Comme la Grenouille sur son nénuphar, ou encore Sissy Hankshaw, l’héroïne de Même les cow-girls ont du vague à l’âme.

Plonger dans un roman de Tom Robbins, c’est se retrouver pris dans une langue où l’ironie est au bout de chaque phrase, c’est s’émerveiller de l’explosion de métaphores endiablées où les marécages ressemblent à du thé répandu, où le ciel peut être aussi bourru qu’un serveur chinois et où les après-midi peuvent durer à peu près aussi longtemps que votre année de CM2. Car personne n’écrit comme Tom Robbins. Une langue imagée et explosive, où chaque phrase est un monde à elle seule. Cette obsession, il l’a toujours eue : dès l’âge de cinq ans, il dictait des histoires à sa mère et protestait dès qu’elle voulait changer un seul mot.

Plonger dans un roman de Tom Robbins, c’est se retrouver happé dans un univers où les singes sont kleptomanes, les auto-stoppeuses ont des pouces de dix centimètres de long, des footballeurs américains enseignent le karaté à des gardes suisses, où Jésus rencontre Tarzan, où des cartomanciennes disparaissent à Tombouctou et où des agents de la CIA deviennent philosophes…

Plonger dans un roman de Tom Robbins, c’est se retrouver dans un livre monde où l’histoire principale n’est qu’un prétexte à de nombreuses ramifications et digressions, comme dans la vie. Une bien étrange attraction raconte autant l’histoire d’un couple bohême et libéré qui crée un zoo de bord de route, que celle de leur ami Plucky Purcell, ex-star du football américain, reconverti dans l’enseignement des arts martiaux à un ordre armé du Vatican, ou que celle de Marx Marvelous, scientifique revenu de la science et à la recherche de la vérité. Et si tous se rejoignent pour (peut-être) remettre en cause l’ordre occidental, la magie de conteur de Tom Robbins nous aura entraînés dans de nombreux chemins de traverse avant d’y arriver.

Plonger dans un roman de Tom Robbins, c’est se retrouver à rire tout seul pour une phrase décapante, c’est comprendre le monde à travers une illumination sur la vie, c’est être ébloui par tant d’inventivité, c’est se demander pourquoi on nous avait caché cet auteur incroyable, c’est vouloir se jeter sur le livre suivant, même si on n’a pas fini celui qu’on a entre les mains… Parce que les romans de Tom Robbins déclenchent cette drôle de frénésie, cette excitation caractéristique de l’inconditionnel qui transforme le lecteur en un être un peu étrange au sourire béat.

Plonger dans un roman de Tom Robbins, c’est en ressortir à contrecœur, mais avec le sentiment d’être mieux armé pour affronter la vie. C’est rare. Et, de toute façon, comment résister à un écrivain qui déclare que l’humour et la joie de vivre sont les armes les plus subversives du monde ?
 

Philippe Beyvin, directeur de la collection Americana (Gallmeister)


 
Prix Mémorable 2010 : Ramon Sender, Requiem pour un paysan espagnol

Lire la suite

La librairie indépendante accompagne la création, en distinguant un auteur, une oeuvre à découvrir, c’est le but du Prix Initiales. Mais nous connaissons aussi l’histoire littéraire, la librairie c’est avant tout un fonds, c’est pourquoi nous avons créé un prix qui salue la réédition d’un auteur malheureusement oublié, d’un auteur étranger décédé encore jamais traduit en français, ou d’un inédit ou d’une traduction révisée, complète d’un auteur.

Réédition d’un texte tendu de Ramon Sender, suivi d’un deuxième récit, Le gué, qui justifierait à lui seul cette lecture.

Le Requiem, c’est celui qu’un prêtre doit donner pour un jeune paysan, tombé sous les balles phalangistes, qu’il a vu naître et qu’il a mené à sa perte. Le gué, c’est celui où deux sœurs font la lessive. L’une est veuve, l’autre a dénoncé le mari de sa sœur aux franquistes, et lourde de ce fardeau, cherche le courage d’en faire l’aveu.

Au-delà de la guerre d’Espagne, c’est le déchirement de l’âme, entre courage et lâcheté, que Sender donne à voir magistralement.


Philippe Marczewski, librairie Livre aux Trésors, Liège.


 
Robert Bober

« Il y a les souvenirs, a-t-elle continué presque pour elle-même, mais on ne se recueille pas sur un souvenir. Un souvenir c’est fait pour être gardé. Il y a les photos…oui, il y a les photos, mais sur les photos ils sont vivants. Il y a aussi les cimetières, mais lorsque pour Yom Kippour je vais dans celui de Bagneux, je sais que mes morts n’y sont pas. Il n’y a que des écureuils. Il y a plein d’écureuils à Bagneux. Dans le cimetière de Przytyk aussi il y avait plein d’écureuils. Lorsque j’étais petite et que je les voyais sauter de tombe en tombe, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’ils sont pour quelques chose de ce qui se passe entre les morts les vivants ».

Ecrire est un métier, cela demande beaucoup de travail, d’abnégation, diverses connaissances, du talent parfois et ce métier n’est pas le mien. Aussi présenter un écrivain est un exercice délicat et fastidieux, et si l’on admire ce même écrivain depuis de nombreuses années, l’enjeu est davantage anxiogène car on souhaiterait que la critique soit à la hauteur du personnage mais c’est immanquablement peine perdue. De Robert Bober je ne vous apprendrai rien que vous ne puissiez trouver seul ou sachiez déjà mais notice biographique oblige, voici quelques éléments : Robert Bober est né à Berlin en 1931 de parents juifs d’origine polonaise. Toute la famille fuit le nazisme, arrive en France et échappe de peu à la Rafle du Vel d’Hiv. A 16 ans il débute son apprentissage de tailleur (Lire absolument sur ce sujet Quoi de neuf sur la guerre et Laissee-pour-compte). Les années 50 marquent la rencontre avec François Truffaut de qui il devient l’assistant sur des films magiques tels que les 400 coups, Tirez sur le pianiste et Jules et Jim dont il est question dans son dernier roman. L’amour du cinéma est entendu mais l’amour du film-documentaire le fera réaliser 120 films notamment avec Georges Perec (Récits d’Ellis Island en 1979) mais surtout avec Pierre Dumayet.

On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux est tiré de La plupart du temps de Pierre Reverdy. Initialement le titre devait être « Je vadrouille autour de mon passé, j’en ramasse ici et là de menus morceaux, il en traîne un peu partout, je tâche à le reconstituer, comme si l’on pouvait exister un fois de plus ». Mais peut-être que cette phrase tirée du Tout sur le tout d’Henri Calet semblait un peu trop longue à l’auteur et l’éditeur. Elle nous éclaire en tout cas un peu plus sur la démarche de l’écrivain à travailler sur la mémoire, la sienne et celle de l’Histoire.

Bernard le narrateur du livre rencontre par hasard à Paris un certain Robert Bober qui effectue des prises de vues pour un film intitulé Jules et Jim. Bober reconnaît Bernard et Bernard, Bober, qui fut autrefois son moniteur de colonie de vacances. Les deux hommes se lient d’amitié et Bober propose au jeune homme de figurer dans le film de Truffaut. Memoire et Histoire se retrouvent une fois encore et de façon poignante lorsqu’on apprend que Bernard a perdu son père, déporté à Auschwitz, que sa mère s’est remariée avec un ami d’enfance, décédé dans un accident d’avion, mais dont elle aura un fils, Alex. Mais ne nous méprenons pas, le livre de Bober n’est pas un livre triste mais un hymne à la vie, drôle bien souvent même lorsque le contexte ne s’y prête apparemment pas. L.B.

A lire :
Récits d’Ellis Island, avec Georges Perec, Sorbier, 1980, POL, 1994.
Quoi de neuf sur la guerre ? POL, 1993, Folio, 2002, Prix Inter 1994.
Berg et Beck, POL, 1999, Folio, 2001.
Laissée pour compte, POL, 2005, Folio, 2007.

A voir 
Cholem Aleichem, un écrivain de langue yiddish
La génération d’après
Réfugié provenant d’Allemagne 
Adresse provisoire : les Molines
Récits d’Ellis Island
L’ombre portée
En remontant la rue Vilin…


 


 
5 questions à Oliver Gallmeister

Tu as été directeur commercial chez Hachette, tu es aujourd’hui éditeur de littérature contestataire. Comment, de manière plus générale, gères-tu la tension existant dans le monde éditorial entre exigences littéraire et économique ?

Je crois que, dans ce métier, tout est en effet question de “tension”, c’est un terme parfaitement approprié. Il faut toujours jongler entre ses choix et les contraintes économiques d’une maison d’édition, mais pour ma part, je trouve que c’est ce qui est stimulant dans le métier d’éditeur. Cette tension ne me pose donc pas vraiment de problème ; les livres que je publie sont toujours choisis en fonction de mes goûts propres (tout simplement le plaisir que j’éprouve à les lire, mes exigences littéraires, indépendamment de tout le reste ; en cela, je crois que je ne me comporte pas différemment d’un lecteur traditionnel, ou même d’un libraire) et de leur cohérence avec l’ensemble de notre catalogue. Je ne vois pas d’autre critère de sélection. Mais attention, il faut tenir compte de ces deux contraintes à part égale : je n’ai jamais publié un livre que je n’aimais pas sous prétexte qu’il rentrait dans notre ligne éditoriale, et il m’arrive fréquemment de refuser des livres parce qu’ils ne correspondent pas à notre ligne éditoriale, même si je les trouve formidables. C’est donc quelque part une contrainte économique qui s’impose à moi, mais en réalité ce serait une erreur de publier un livre qui ne rentrerait pas dans l’esprit de notre maison : il ne serait pas à sa place, je ne saurais pas nécessairement le valoriser et le vendre, et au final, ce serait un échec pour la maison d’édition, et surtout pour le texte et l’auteur. Il faut donc savoir ce qu’on ne peut pas faire. C’est aussi pour ça qu’il faut “composer” son programme de manière équilibrée : ainsi, tout le monde sait qu’un recueil de nouvelles ou un récit de nature a un potentiel commercial moins important, disons, qu’un roman policier ; alors, je m’efforce de ne pas publier deux recueils d’affilée, mais je m’efforce, si c’est possible, d’intercaler un roman entre les deux. (Ceci étant dit, je n’y arrive pas toujours : c’est pour ça qu’un recueil de nouvelles de Pete Fromm, Avant la nuit, sortira fin avril, à peine un mois avant des récits de John Gierach, Truites & Cie, après que deux romans policiers se sont succédés à un mois d’intervalle au printemps). Pour moi, l’exigence économique n’intervient jamais a priori (sauf dans le cas d’un livre trop cher ; là, malheureusement je ne peux rien y faire et j’ai déjà “perdu” des livres que je n’avais pas les moyens d’acheter face à des grands groupes), mais plutôt a posteriori dans la manière de présenter les livres au public. C’est par exemple la raison pour laquelle je ne publie les livres de Craig Johnson qu’au rythme d’un volume par an : publier les six volumes des aventures de Walt Longmire en douze mois n’aurait pas de sens.

Les éditions Gallmeister portent ton nom et leur catalogue est intimement lié à tes goûts littéraires. Qu’est-il possible de déléguer dans une maison d’édition aussi personnelle ?

Dans une maison d’édition de petite taille telle que la nôtre (nous sommes deux personnes à temps plein, avec un directeur de collection extérieur), la partie éditoriale est intimement liée à la personne de l’éditeur, elle est donc difficilement délégable. Ainsi, je m’occupe personnellement des collections Nature Writing et Noire : donc les choix éditoriaux (sélection des titres, travail de révision des traductions, choix des couvertures) n’appartiennent qu’à moi, même si je demande souvent conseil autour de moi, pour le choix des couvertures par exemple. Pour la collection Americana, c’est un autre éditeur, un ami de longue date, Philippe Beyvin, qui en est responsable (directeur de collection) : c’est donc lui qui sélectionne les livres et assume les choix éditoriaux, même si je dispose évidemment d’un droit de regard (en général pour des raisons économiques, justement : un livre trop gros, dont nous ne pouvons pas encore payer la traduction, par exemple). Americana représente donc la personnalité propre de Philippe, ses goûts, qui sont très sûrs – et parfois éloignés des miens. Et c’est aussi lui qui assure la cohérence de cette collection, le fameux “fil rouge” qui relie tous les livres entre eux. Bien sûr, ce tableau est un peu idyllique : l’équilibre est parfois difficile à trouver, il y a des sujets de désaccord, mais nous arrivons généralement à trouver un terrain d’entente.

Et puis il y a aussi toute une partie de notre activité qui n’est pas liée au travail éditorial, les aspects commerciaux, organisationnels, les relations avec les libraires et la presse… Pour cela, Marie-Anne, qui nous a rejoints à la fin de l’année 2009, est irremplaçable : Marie-Anne a plus d’expérience que Philippe et moi dans tous ces domaines et nous lui accordons une confiance absolue, c’est elle qui s’occupe de tous ces aspects avec une parfaite autonomie. Nous définissons ensemble le programme de parution et une fois que le livre est imprimé, c’est Marie-Anne qui s’occupe seule de sa destinée.

(Mais heureusement que vous ne transmettez pas ce questionnaire à Philippe ou à Marie-Anne ; eux vous diraient certainement que je suis un tyran.)

Quelles sont tes attentes vis-à-vis de totem, ta toute nouvelle collection de semi-poches, sachant que tu y publies aussi des titres qui ne sont pas repris dans ton catalogue grand format ?

totem est un projet essentiel pour plusieurs raisons : d’abord parce que c’est le moyen de développer la maison en lui permettant d’aller vers un nouveau lectorat spécifique au livre de poche ou à bas prix ; il est important de proposer des livres accessibles à un public plus large. Ensuite, la collection totem est aussi le moyen de créer une passerelle vers nos livres en grand format : totem garde le même souci de cohérence éditoriale, ses titres sont issus de notre fond ou bien il s’agit de titres épuisés ou inédits en poche qui ont toute leur place dans notre catalogue (par exemple, il me paraît cohérent de reprendre Même les cow-girls ont du vague à l’âme de Tom Robbins chez totem alors que nous publions les inédits de cet auteur en grand format dans la collection Americana). Enfin, à mesure que notre catalogue se développe au rythme d’une petite dizaine de nouveautés chaque année, totem permet aussi de maintenir notre fond disponible en le rendant accessible à un plus grand nombre de libraires qui n’auraient pas nécessairement les moyens de conserver nos titres en grand format. Tout cela contribue donc à maintenir notre catalogue vivant sur la durée et à garder notre indépendance vis-à-vis des éditeurs de poche.

Quel livre aurais-tu aimé éditer, mais qui n’aurait pas sa place dans le catalogue Gallmeister ?

Il y en a des tonnes : pour rester dans le domaine américain, il y a les livres d’auteurs classiques que j’admire comme Faulkner, Fitzgerald ou Tennesse Williams, ou plus contemporains comme Roth ou Franzen pour Les Corrections. Et puis, il y a tous ces romans noirs dont les univers sont radicalement éloignés du nôtre : Chandler, Goodis, Thompson, Block pour la série des Matt Scudder, Ellroy, James Lee Burke…

Et puis il y a bien sûr d’autres auteurs étrangers ; un auteur comme W.G. Sebald pour Les Émigrants, ou Per Petterson pour Pas facile de voler des chevaux, ou Jens-Christian Grondhal pour Bruits du cœur ou Victoria, ou Harry Mulisch pour La Procédure ou Siegfried.

Franchement, la liste serait sans fin.

Quel livre conseillerais-tu à un lecteur qui voudrait découvrir les éditions Gallmeister ?

Il est difficile de faire un choix, mais je pense que pour commencer à découvrir le nature writing, une bonne porte d’entrée est Indian Creek de Pete Fromm, qui est un livre à la sensibilité tout en retenue, plein d’humour et de poésie, extrêmement subtil. J’y suis particulièrement attaché. Sinon, il y a aussi le premier roman de Craig Johnson, Little Bird, un livre vraiment intelligent et qui dépeint un univers très mal connu ; je pense que cet auteur sera au Wyoming ce que James Lee Burke est à la Nouvelle Orleans. Et puis, pour la collection Americana, on ne peut pas passer à côté de l’univers génialissime et délirant de Tom Robbins dans Comme la grenouille sur son nénuphar. C’est un auteur majeur, que nous sommes très fiers de publier. Mais, bon, j’aime tous les livres que nous publions...

- entretien réalisé par Tamara Hannay (Librairie Point Virgule - Namur) -



 
Les points sous les i, n°1 Les contes pour enfants

Télécharger le dossier

Les libraires Initiales vous proposent désormais un nouveau rendez-vous autour des livres. Plusieurs fois par an, ils feront, à leur manière, subjective et enthousiaste, le point sur l’offre éditoriale d’ un genre, un pays, un thème… et puiseront dans leurs rayons pour vous offrir une bibliographie plus affective qu’exhaustive !

n°1 Les contes pour enfants